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Pourquoi le Langage Équestre Cognitif ne se voit pas… mais change tout

  • il y a 6 heures
  • 3 min de lecture

« Un changement de pied reste un changement de pied. »


C’est sans doute la remarque que j’entends le plus souvent.

Et pourtant, c’est précisément là que se trouve toute la différence.

À première vue, rien ne distingue un changement de pied obtenu en Langage Équestre Cognitif (LEC) d’un changement de pied réalisé dans une équitation plus traditionnelle. Le mouvement est le même. Le résultat semble identique.

Mais si l’on prend le temps d’observer, alors tout change.

On découvre un cheval qui se porte de lui-même, qui évolue avec un contact extrêmement léger, parfois même sans mors, sans tension permanente, sans contrainte apparente. Les aides deviennent presque invisibles. Le cheval semble évoluer avec son cavalier comme s’ils partageaient une même intention, une même conscience de l’action.

À l’inverse, nous voyons des exercices de Haute École exécutés dans une exigence unilatérale, réalisés avec des moyens matériels destinés à soumettre et à maintenir un contrôle artificiel : double bride, noseband fortement ajusté, gourmettes serrées, enrênements, rênes allemandes ou autres dispositifs qui compensent les difficultés de communication.


En vérité, le Langage Équestre Cognitif ne commence pas par le mouvement.

Il débute bien avant par la création d’une relation fondée sur une synchronisation des états attentionnels qui induit la confiance, la disponibilité réciproque et une qualité relationnelle collaborative. Avant même de demander un exercice, nous cherchons à créer les conditions permettant au cheval et au cavalier d’être pleinement connectés dans une même dynamique.

Les neurosciences nous montrent aujourd’hui combien l’attention, les émotions, les mécanismes d’apprentissage et les interactions interespèces influencent les comportements. Le LEC applique ces connaissances à la relation homme-cheval.

Vient ensuite la construction d’un véritable langage.

Un langage binaire composé de microsignes, cohérents, constants et compréhensibles pour le cheval. Un langage qui s’inscrit dans ce que les sciences du comportement appellent la zoosémiotique : l’étude des systèmes de communication entre l’humain et l’animal.

Lorsque le cheval comprend réellement ce qui lui est demandé, il répond par son intelligence. Il entre alors dans une relation collaborative et ne répond plus par conditionnement.

C’est cette compréhension qui explique la rapidité d’apprentissage observée chez de nombreux chevaux formés en Langage Équestre Cognitif. Les exercices deviennent plus fluides, les résistances s'estompent et le cheval devient force de proposition. Le dialogue remplace alors le monologue unilatéral.

Il en résulte un cheval plus serein, qui libère ses potentialités et un cavalier qui découvre un nouveau canal de communication.

Le Langage Équestre Cognitif ne s’oppose pas à l’équitation de tradition.

Au contraire, il lui donne un sens nouveau en le sublimant par la soustraction de tous les éléments de soumission.

Les grands maîtres recherchaient déjà la légèreté, la discrétion des aides, l’équilibre et l’harmonie.

Le Langage Equestre Cognitif rajoute le préalable de compréhension et d'interconnexion des consciences issu des apports des sciences contemporaines pour comprendre comment parvenir plus rapidement à une relation collaborative et non submissive.

Il est, en quelque sorte, la rencontre entre la tradition équestre et les sciences cognitives.

L’union de la technique et de l’intelligence émotionnelle.

De nombreux cavaliers vivent aujourd’hui cette évolution.

Le Langage Équestre Cognitif ne demande pas au cheval de se soumettre.

Il lui donne les moyens de comprendre.

Et lorsqu’un cheval comprend, il devient capable d’offrir le meilleur de lui-même.

C’est cette différence, discrète à l’œil mais profonde dans ses mécanismes, qui constitue aujourd’hui l’une des évolutions majeures de notre manière d’envisager la relation entre l’homme et le cheval.



Parce qu’un même mouvement peut être obtenu de deux façons totalement différentes.

L’une repose sur l'exigence et le contrôle, l’autre sur la compréhension et l'intelligence cognitive.


Francis Stuck

Auteur — Conférencier

Président de l'Institut du Langage Equestre


Photo : Allycia sur Timoneiro — Etalon luso-arabe


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