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La fonction de référent en équitation

  • il y a 12 heures
  • 4 min de lecture

Lors du précédent Vendredi du Langage Équestre Cognitif, nous avons abordé une notion qui éclaire un grand nombre de situations équestres trop vite attribuées au caractère, à la résistance ou à une prétendue désobéissance : la fonction de référent.

Le cheval structure sa sécurité, son attention, ses déplacements et ses apprentissages à partir de repères. Ceux-ci peuvent émaner d’un congénère, d’une jument expérimentée, du troupeau, d’un lieu, ou de l’humain lorsque celui-ci devient suffisamment lisible, stable et cohérent.

Le cheval cherche un référent fiable, avec qui il peut se détendre, qu’il peut suivre, auprès de qui il peut apprendre et auquel il peut accorder sa confiance.


Le cheval comme être social

La grégarité du cheval structure son système nerveux autonome, sa vigilance, ses apprentissages et ses comportements. Elle forme une véritable architecture relationnelle.

Dans le groupe, le cheval trouve une sécurité collective, des repères spatiaux, une régulation émotionnelle, des modèles d’apprentissage et une continuité relationnelle. Chaque individu règle en permanence les distances, les approches, les évitements, les déplacements, les initiatives et les moments de repos.

Comprendre le cheval commence donc par comprendre comment il s’oriente dans cette architecture.


Dominance, leadership et référence

Trois notions appellent une distinction.

La dominance désigne la capacité d’accéder prioritairement à une ressource ou de déplacer un autre cheval dans une situation donnée.

Le leadership concerne l’initiative du mouvement ou de l’orientation. Un leader trouve des suiveurs parce que sa décision apparaît pertinente. Il connaît le moment, la direction, le rythme, l’environnement. Il conserve son calme et inspire confiance dans l’action.

La référence se révèle plus subtile et plus complète. Le référent désigne celui autour duquel un autre cheval peut organiser sa sécurité, son attention, son comportement et son apprentissage.

Le référent répond à une question fondamentale du cheval :

Puis-je me fier à cette présence, à ce signal, à ce groupe ou à cette situation ?


Quatre qualités d’un référent fiable

Un référent fiable réunit quatre qualités.

La stabilité. Il garde une continuité comportementale. Son attitude évolue selon des raisons lisibles.

La lisibilité. Ses signaux sont compréhensibles et lisible.

La cohérence. Le corps, l’intention, les émotions, le rythme et la demande demeurent accordés.

La sécurité. Sa présence diminue l’incertitude et ouvre au cheval un état intérieur disponible.

Lorsque ces qualités se manifestent, la relation s’organise. Lorsque ces qualités manquent, le cheval entre dans l’agitation, la fuite, la dépendance, la confusion, l’inhibition ou la défense.


Les visages du référent

La fonction de référent se décline en plusieurs variantes. Un même individu peut les porter selon les situations.

Le référent sécuritaire apaise. Sa présence indique que la situation peut se vivre avec un niveau de vigilance plus bas.

Le référent spatial organise les distances et les places. Il permet au cheval de savoir où se tenir, comment approcher, comment respecter l’espace.

Le référent locomoteur organise le mouvement. Il donne la direction, la cadence et l’arrêt. La marche en main devient alors un dialogue.

Le référent attentionnel est celui vers lequel le cheval revient mentalement. Un cheval peut se trouver proche physiquement et absent mentalement. Cette fonction se construit dans le calme, souvent à l’arrêt.

Le référent émotionnel régule l’état affectif. Il agit par sa respiration, son tonus, son rythme, sa prévisibilité et sa cohérence intérieure. Le cheval lit cette cohérence et s’y ajuste.

Le référent éducatif rend les apprentissages compréhensibles. Il propose des demandes progressives, des signaux stables, des confirmations immédiates et une progression adaptée.


S’y ajoutent le référent social, le référent maternel, le référent matriarcal et le référent expérientiel. L’humain devient référent lorsque le cheval reconnaît sa fiabilité. Cette reconnaissance naît de la lecture juste des microsignes, de l’ajustement de l’attitude et de la qualité de la réponse.

La conférence distingue également le référent de substitution, le faux référent — qui produit une obéissance mécanique ou un calme de surface — et l’anti-référent, dont la présence augmente l’insécurité, la confusion ou la réactivité.

La première étape éducative consiste alors à redevenir lisible et cohérent. Avant de formuler une demande, le cavalier gagne à retrouver sa propre stabilité.


Un troupeau de deux individus

La conduite en main offre un exemple très clair de cette fonction.

L’humain et le cheval forment alors un troupeau de deux individus.

L’humain devient référent-guide lorsqu’il assume la direction, la cadence, l’arrêt, l’anticipation, la sécurité, la cohérence posturale et le retour à l’attention.

Le cheval devient référé-suiveur lorsqu’il ajuste son rythme, respecte l’espace, demeure attentif et participe au déplacement.

Cette relation s’articule autour de deux notions simples : le mouvement et l’arrêt.

Le mouvement signifie : nous avançons ensemble.

L’arrêt signifie : nous revenons à la présence.

Nous touchons ici les fondements du Langage Équestre Cognitif : un langage établi sur l’intelligence et la sensibilité.


Six compétences humaines

Dans le LEC, l’humain devient référent en développant six compétences fondamentales :


  • sécuritaire : offrir un cadre dans lequel le cheval peut se détendre et apprendre

  • spatiale : définir les distances avec clarté

  • locomotrice : initier, accompagner et diriger le mouvement

  • attentionnelle : ramener le cheval à la présence tout en restant présent lui-même

  • émotionnelle : réguler son propre état intérieur pour contrôler le niveau émotionnel du cheval

  • éducative : construire et enseigner au cheval un langage non verbal fait de micro-signes qui s’adaptent à la discipline équestre de chaque cavalier


Ces compétences s’apprennent. Elles forment la base d’une relation lisible et cohérente. Elles permettent au cheval de comprendre les demandes, de participer à la réponse et d’ouvrir un chemin vers une utilisation avancée et collaborative, quelle que soit la discipline équestre.

La plupart des situations dites « comportementales » — le cheval qui quitte difficilement le troupeau, qui bouscule en main, qui refuse d’embarquer, qui défend son box ou qui s’enferme dans une prostration — révèlent prioritairement une défaillance référente qui demande à être reconstruite.


La conférence des Vendredis du LEC développe ces notions, les relie à des cas concrets et ouvre le dialogue.


Les Vendredis du LEC en visioconférence développent les différents thèmes relatifs au Langage Équestre Cognitif. Ils offrent un espace de découverte, d’échange et de réflexion.


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