RENFORCEMENT POSITIF : FRIANDISE OU "CHECK" ?
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En éthologie, on utilise le renforcement positif par la friandise.
Dans le Langage Équestre Cognitif, nous avons fait un autre choix.
Nous n’utilisons pas la friandise pour construire les apprentissages.
Elle n’est donnée qu’à la fin de la séance, comme un rituel permettant au cheval d’identifier clairement :
« Le travail est terminé. »
Pourquoi cette distinction ?
Parce que le cheval est à la fois un animal dont la nourriture représente un élément de survie, mais également un animal profondément grégaire, dont l’équilibre repose sur la sécurité et la qualité du lien social.
La friandise sollicite le principe de gourmandise.
Elle mobilise les circuits cérébraux de la récompense et de la motivation : système dopaminergique, noyau accumbens, amygdale, hypothalamus…
Le cheval réalise une action, il reçoit une récompense alimentaire.
Lorsque le cheval a accès a des expériences auxquelles il accède librement, sans intervention humaine et que la réussite soit récompensée par une friandise, cela prend du sens car il développe alors sa propre motivation.
Dans le cadre de l’exercice proposé par l’intermédiaire d’un humain, c’est différent.
Car lorsque la récompense disparaît, les apprentissages et la motivation peuvent régresser.Cette observation s’avère encore plus flagrante en associant à la friandise des accessoires de type pavloviens.
Le check du Langage Équestre Cognitif repose sur une logique différente.
Il s’appuie sur la relation.
Afin que celle-ci soit optimale et avant même de construire un langage avec le cheval, le cavalier travaille sa cohérence émotionnelle, sa présence, son intention et sa capacité à contrôler sa propre résonance.
Le cheval identifie alors l’humain comme un référent cohérent, prévisible et sécurisant qu’il intègre dans son principe grégaire.
Au départ, friandise et check mobilisent tous deux des mécanismes émotionnels et motivationnels impliquant notamment le système limbique (gestion des émotions).
Mais leurs trajectoires divergent ensuite.
Le check est issu de ce que nous appelons un bouton de langage.
Au début, il porte une dimension relationnelle :
« Bonjour » ou « Tout va bien»
Puis il devient une validation :
« Oui. »
Et très rapidement une information :
« Oui, c’est cela. Tu as compris. »
À ce moment-là, nous ne sommes plus simplement dans la récompense.
Nous entrons dans la communication.
Dans le modèle neurofonctionnel du LEC, le check devient progressivement un élément de validation cognitive mobilisant davantage les fonctions corticales supérieures : attention, discrimination, mémorisation, anticipation, choix d’une réponse et résolution d’un problème.
Il conserve parallèlement sa dimension relationnelle en s’appuyant sur cet instinct fondamental qu’est la grégarité.
C’est toute la différence.
Prenons une comparaison simple. Posons-nous la question : "Est-il préférable de recevoir un bonbon comme récompense ou est-il mieux de se sentir aimé, intégré dans un groupe, respecté ?"
Dans les deux cas, il peut y avoir apprentissage.
Mais le processus n’est pas du tout le même.
Le LEC suit une progression précise :
Cohérence émotionnelle du cavalier→ confiance et statut de référent→ check comme validation→ check devenant microsigne→ construction d’un lexique binaire de microsignes→ combinaison de ces signes pour résoudre des demandes de plus en plus complexes.
Le cheval ne réagit pas seulement au stimuli :
« Je fais cela → j’obtiens quelque chose. »
Il construit progressivement :
« Ce signe signifie quelque chose. Je l’identifie, je traite l’information et je cherche la réponse appropriée. »
C’est ainsi que nous cherchons à construire une progression cognitive évolutive.
Un exemple concret :
En moins de trois mois, Alizée est passée avec son cheval des trois allures de base aux changements de pieds au galop tous les deux temps, puis à la diagonalisation conduisant au piaffer.
Avec :
un filet simple,
sans éperons,
sans enrênements.
Lorsqu’une difficulté apparaît, nous ne devons pas nous demander :
« Comment obtenir techniquement davantage du cheval ? »
mais : « Qu’est-ce qu’il n’a pas compris ? »
Nous décomposons alors la difficulté jusqu’à supprimer le nœud cognitif.
La différence entre la friandise et le check ne réside donc pas seulement dans la nature de la récompense car elle oppose deux logiques :
Récompenser en alimentant un comportement ou construire une communication.
Dans le LEC, la friandise marque uniquement la fin de la séance.
Le check, quant à lui, construit un langage qui s'enrichit au fil des séances tout en potentialisant la grégarité et l'harmonie relationnelle.
Francis STUCK


























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