"ON DIT QUE LES CHEVAUX NE SONT PAS INTELLIGENTS"
- Francis Stuck
- il y a 7 jours
- 3 min de lecture
Le cavalier :
On dit que vous, les chevaux… vous n’êtes pas intelligents. Vous réagissez, c’est tout.
Le cheval :
Tu confonds deux choses : intelligence et parole. Moi je ne parle pas, mais je lis.
Le cavalier :
Lire quoi ?
Le cheval :
Ton état. Ton intention. Et la cohérence entre les deux.
Le cavalier :
Bon… au trot.
(Le cavalier “demande”. Le cheval part… puis retombe au pas au premier coin.)
Le cavalier :
Tu vois ! Je demande trot et tu fais autre chose.
Le cheval :
Non. Tu fais autre chose et tu dis “trot”.
Le cavalier :
Explique.
Le cheval :
Ton mental veut un résultat. Ton corps, lui, dit autre chose.
Ton bassin freine. Ta main retient. Tes jambes poussent “pour la forme”.
Résultat : trois ordres en même temps.
Le cavalier :
Donc tu… tu “décodes” mes contradictions ?
Le cheval :
Je les subis, surtout. Et je choisis la solution la moins dangereuse pour mon équilibre.
Le cavalier :
Mais si tu étais “intelligent”, tu comprendrais ce que je veux.
Le cheval :
Je comprends très bien ce que tu veux. Je vois aussi ce que tu es.
Si tu veux “parler cheval”, commence par t’aligner.
Le cavalier :
S’aligner ?
Le cheval :
Aligner ton langage et ton état intérieur. Sinon tu deviens un marionnettiste : tu tires, tu pousses, tu forces… et tu appelles ça une méthode.
Le cavalier :
OK… et on fait comment ?
Le cheval :
D’abord, non-agir.
Pas “ne rien faire”. Devenir neutre, stable, disponible. Sans violence, sans agitation.
(Le cavalier baisse les épaules, lâche la mâchoire, respire. Les rênes cessent de “parler” en continu.)
Le cheval :
Voilà. Maintenant tu es lisible.
Le cavalier :
Trot.
(Le cheval part au trot, régulier, léger. Le contact devient presque inutile.)
Le cavalier :
Donc… c’est de la magie ?
Le cheval :
Non. C’est de la résonance.
Quand la cause est claire, l’effet devient simple.
Le cavalier :
Et l’intelligence, là-dedans ?
Le cheval :
Mon intelligence, c’est :
Sentir ton état sans que tu le dises,
Entrer en résonance émotionnelle avec toi,
Choisir une réponse qui garde mon corps en sécurité,
Apprendre ce que tu m’enseignes… même quand tu crois ne rien enseigner.
Le cavalier :
Tu veux dire que je t’enseigne aussi mes erreurs ?
Le cheval :
Chaque fois que tu t’énerves, tu m’enseignes l’instabilité.
Chaque fois que tu forces, tu m’enseignes la méfiance.
Chaque fois que tu t’alignes, tu m’enseignes la confiance.
Le cavalier :
Et toi, tu fais quoi, là ?
Le cheval :
Je te sers de Maître-Guide.
Je te montre l’état de ta conscience… parce que je le reflète.
Leçon :
Le cheval n’est pas “bête” : il est socio-sensible et cognitif. Il lit l’humain par signaux faibles (tonus, souffle, micro-posture, intention).
La plupart des “désobéissances” sont des contradictions humaines, ou un inconfort induit.
Plus tu cherches à contrôler par le matériel, plus tu détruis le statut de référent. Plus tu t’alignes, plus le langage devient discret.
Mini-exercice (2 minutes) : Alignement des consciences
Au pas, ne demande rien pendant 20 secondes. Observe seulement ton souffle, ta mâchoire, tes épaules, ton bassin.
Fais 3 respirations lentes, comme si tu voulais “poser” ton mental.
Dans ta tête, formule une intention unique : “j’ouvre” (pas “je pousse”).
Demande le trot une seule fois, avec une aide minimale, puis cède pour laisser “répondre”.
Si ça échoue, ne corrige pas l’effet : cherche la cause (main ? bassin ? tension ? peur ? précipitation ?).
(Ce que tu mesures ici, c’est la qualité du langage socio-sensible: quand tu t’alignes, le cheval répond à l’intelligence, pas à la contrainte.)
J'explique tout cela dans mon livre "L'EQUITATION DE LÉGÈRETÉ - LES SECRETS DES MICROSIGNES"
Francis Stuck
































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